Le secteur des transports revêt une importance fondamentale pour la viabilité économique des pays et joue un rôle clé dans des domaines tels que l’emploi, la consommation de matières premières et de biens manufacturés, les investissements privés ou publics et la création de ressources fiscales.

Les enjeux de la sécurité et de la santé au travail dans ce secteur sont d’une importance capitale non seulement pour les travailleurs eux-mêmes, mais pour la population en général, que celle-ci soit transportée ou simplement présente sur les lieux. La responsabilité de la sauvegarde de la sécurité et de la santé dans ce secteur relève donc à la fois des employeurs, des travailleurs, des syndicats et des pouvoirs publics, tous niveaux confondus.

Les préoccupations soulevées par la gestion de la sécurité et santé au travail sont diverses et intègrent :

– Les accidents qui figurent souvent en tête de liste des accidents du travail mortels, et cela dans de nombreux pays. Les conducteurs de trains, de véhicules et les pilotes d’avions, au vu de leurs conditions de travail ou de leurs comportements ont davantage tendance à commettre des erreurs pouvant causer des accidents graves.

– Les problèmes de santé engendrés par les activités du secteur comme les troubles musculo-squelettiques, les intoxications aux produits toxiques utilisés dans la maintenance et les problèmes d’incapacités dont la prise en compte dans l’aptitude à la conduite reste problématique eu égard aux systèmes de délivrance des certificats médicaux qui sont en place dans la plus part des pays de la sous-région.

– Les problèmes psychosociaux en rapport avec les horaires de travail, l’éloignement du domicile, les drogues et l’alcool, le stress etc. qui peuvent impacter non seulement sur la santé des travailleurs mais aussi et surtout constituer des facteurs favorisants des accidents.

Au Cameroun comme dans la plupart des pays du monde, le secteur de transport est dominé par le transport terrestre dans lequel les accidents se comptent au quotidien avec des conséquences graves. Selon le rapport de l’OMS sur la sécurité routière en 2017, Les accidents de la route tuent 1,35 million de personnes chaque année dans le monde, Les premières victimes sont les jeunes et les enfants (première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans) ; L’Afrique paie le plus lourd tribu car, les pays à faible revenu comptent seulement 1 % des véhicules immatriculés dans le monde mais représentent 13 % de tous les décès.

Selon ce même rapport, l’OMS estime à 6136 le nombre de décès survenus par accident de la voie publique en 2017 au Cameroun et classe le pays au 11e rang des pays africains les plus accidentogènes avec un taux de mortalité routière de 26,28 pour 100 000 habitants. Cette sinistralité routière est en augmentation dans la plupart des pays en développement.  Au-delà du comportement humain, la qualité des routes, la qualité et la maintenance des véhicules sont fortement incriminés et posent pose le problème de la sécurité et de la sûreté de la logistique utilisée dans le transport.

Quant aux transports ferroviaire, aérien et maritime, les accidents sont moins fréquents mais lorsqu’ils surviennent, ils constituent pour la plupart de temps des catastrophes majeures au vu du nombre de victimes et des dégâts environnementaux qu’ils peuvent occasionnés.

Quel que soit le type de transport ou le mode de survenu des accidents, ils engendrent la mort des usagers vulnérables (piétons, cyclistes, motocyclistes et population riveraine) et constituent des économiques importants qui représentent plus de 3% du PIB des pays.

A travers ce 3eme congrès dont le thème central est : « Enjeux et défis de la sécurité et santé au travail dans le transport en Afrique» la SCSST voudrait interpeller les parties prenantes sur les enjeux  de la sécurité et santé au travail  entant qu’outils de promotion et de développement de la culture de prévention dans ce secteur pourvoyeur des accidents du travail et des accidents publics.